A chacune son tour de disparaitre…




Le nez plongé dans un livre, je faisais mine de ne pas entendre ce qu’il ce passait autour de moi. En fait, je prenais surtout soin d’ignorer le groupe de garçons assis sur le banc d’à côté qui parlaient de moi de manière plutôt indiscrète et franchement désagréable. Malgré ça, quelques phrases me sont parvenues, et j’ai cru comprendre qu’un des garçons avait l’intention de m’aborder et que ses amis insistaient pour qu’il le fasse. Mais lui ne parlait pas. Du coin de l’œil j’en ai vu un ce lever et s’allonger sur le banc en face de moi. J’ai entendu un garçon du banc d’à côté s’exclamer : « C’est nul comme approche ça ! », j’ai alors levé les yeux, les autres rigolaient, le garçon du banc d’en face n’étais pas un garçon mais une fille. Elle a répondu à son ami par une insulte, en souriant, puis elle a tourné les yeux vers moi, toujours avec ce sourire, qui a brusquement faiblit à l’encontre de mon regard. Perturbée je lui ai timidement sourie à mon tour, me suis levée pour me diriger vers l’entrée du lycée et disparaitre.

Après ça, je n’ai pas cessé de penser à elle, à son sourire, à sa voix, à ses yeux. Je passais mon temps à errer dans les couloirs du lycée à sa recherche, je ne me lassais pas de la chercher, sauf qu’à force de ne pas la trouver, j’avais peur de ne plus jamais la revoir. Une amie m’a dit « Arrête de la chercher et c’est là que tu tomberas sur elle ! ». J’ai essayé mais je n’y arrivais pas, inconsciemment et pendant mes moments d’absence, mes yeux fouillaient le paysage dans l’espoir de l’apercevoir.

Et à la dernière heure de la dernière journée de la semaine, je l’ai vue. J’allais partir du lycée quand elle est sortie d’une salle de cours, dans le couloir il n’y avait qu’elle et moi, elle s’est arrêté, moi aussi, nous nous sommes regardée sans bouger. Je ne savais pas quoi faire, quoi dire, mais je ne voulais pas bouger, je voulais rester là, coincé dans ses yeux, ça faisait tellement de bien. Un bonheur paralysant. Puis une porte à claqué, une amie à moi en est sortie d’un pas rapide en criant « Dépêche toi on va rater le bus ! », elle m’a saisie par le bras et m’a entrainée le long du couloir en courant. Quand je me suis retournée, la fille n’était plus là.

1 commentaire:

  1. C'est troublant de devoir commenter quelque chose d'aussi beau.
    (du coup, je commente pas)

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