Que nos vies aient l'air d'un film parfait.


En bas, le concierge dormait, j’ai traversé le hall, en courant, mon cœur tambourinait contre ma poitrine. Il pleuvait dehors, on n’y voyait rien. Tu t’en prenais à mon frère, comment tu pouvais faire ça…
Il était par terre, du sang coulait sur son visage, je lui ai hurlé de rentrer, péniblement, il s’est levé, pour boitiller jusqu’à la lumière et disparaitre dans l’immeuble. Toi, tu ne t’occupais plus de lui, tu me fixais en avançant, doucement, l’air menaçant, la démarche masculine. Brusquement tu t’es rué sur moi et m’as jeté à terre, tu m’as frappé, toute ta haine passait sur moi, mais j’ai réussis à me relever. Je savais que je ne pouvais rien faire contre toi, je n’avais pas ta force, je n’avais pas grandis dans la rue à me battre tous les jours. Je me suis mise à courir le long d’une rue sombre, plus je m’enfonçais plus il faisait noir, bientôt seule la lune nous éclairait, je courais, tu me suivais. Finalement, tu m’as rattrapé et plaqué contre un vieux mur de pierre humide. La pluie glissait sur nous, j’attendais que tu me frappes, mes cheveux étaient trempés, les tiens aussi. Il me semblait que ce moment durait une éternité, tu me regardais dans les yeux, m’obligeant à soutenir ton regard, d’une main tu tenais fermement mon poignet gauche au dessus de ma tête, de l’autre mon cou. J’avais le bras droit libre mais je ne me débattais pas pour autant, je restais là, dans tes yeux, je te haïssais. Tu as ensuite relâché légèrement ton étreinte au niveau de mon cou, mais mon poignet restait prisonnier de ta main. Jamais je n’ai vu un air aussi mauvais que le tien. J’aurais pu te demander de me frapper tellement le temps me paraissait long, coincé dans tes yeux. J’ai essayé de dégager mon bras. Tu le plaquas violemment contre le mur et m’embrassa. Un frisson me parcourut mais je ne t’ai pas repoussé. Tu reculas brusquement et baissa les yeux, je me suis approché pour de ma main, relever ton visage, tu n’avais plus le même regard, il n’y avait plus de colère, c’était peut être même de la peur, je ne connaissais pas ce sentiment sur toi, il y avait sûrement aussi de la honte. Timidement j’ai caressé ta joue, je savais qu’il y avait quelques choses dans les regards haineux que l’ont s’échangeait au lycée, je savais qu’il y avait autre chose que du dégout pour que nos yeux se croisent si fréquemment, je le savais mais n’osais pas l’admettre. Même si il pleuvait, je vis une larme couler le long de ta joue. Tu m’embrassas à nouveau, c’était un baiser à la fois passionné et froid, plus long que le premier, tu me serras dans tes bras et je te rendis ton baiser, ta tête entre mes mains, les tiennes sur mes hanches. J’aurais voulu que ça ne s’arrête pas. Mais tu es partie en courant, sans prévenir, me laissant seule sous la pluie. Je t’ai regardé t’éloigner, je ne savais pas quoi penser, je tremblais. Un orage retentit, je me suis laissé tomber sur le trottoir pour regarder la pluie marteler le bitume, pendant une heure, ou deux.
Tu m’as ensuite évité pendant près de deux mois au lycée, ton comportement empirait, tu étais de plus en plus violente avec les autres. Tu t’étais faite renvoyer trois fois, mais tu continuais, tu t’enfonçais dans ta haine envers les autres, au fond tu cachais une immense souffrance, je le savais, je l’avais vu, cette nuit d’orage. Mais pendant ces deux mois, tu ne m’avais pas regardé, pas une fois. J’aurais préféré tes coups à ton ignorance.
Un soir, tu m’as attendu devant l’immeuble de mon appartement, une nuit aussi noire que la dernière fois, mon frère était déjà rentré, tu m’as prise par la main pour m’entraîner vers l’endroit de le plus sombre de la rue. On s’embrassa. Longtemps. C’était violent et doux, tes mains dansaient sur moi. Tu semblais vouloir me posséder, je voulais être à toi. Je resserrai mon étreinte, tes mains brûlantes remontaient le long de mon dos. J’embrassais une fille et c’était le baiser le plus enivrant de toute ma vie. Es ce que j’étais un monstre ?
Au lycée tu continuais à m’ignorer, tu ne me donnais pas d’explications, je ne savais pas où on en était, où on allait ni ce qu’on faisait. Nos rendez vous dans ma rue ce son multipliés, tu restais muette, tes regards et tes baisers, c’est tout ce à quoi j’avais droit. Et je m’en contentais, cela me suffisait.

1 commentaire:

  1. Boh <3

    (oui, c'est court, mais c'est tout ce qui me vient à l'esprit, là, tout de suite)

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